Paul Guiragossian : Un aspect torrentiel

On s’interrogera longtemps sur les motifs soulignés ou parfois discrètement tracés chez ce peintre au discours à mi-chemin de l’abstraction et du faux réalisme. Ceci demeure secondaire à coté de cet aspect torrentiel et précis à la fois dans l’emploi de la couleur. L’aquarelle permet à Guiragossian une expression d’une inégalable transparence. Sans changer pour autant son univers ou sa griffe. C’est un ferme prolongement d’un art sure et d’une parfaite maturité où les variations font mouche et étincellent comme des escarboucles… pour un regard sévère ou une imagination stérile ou étroite, ces aquarelles pourraient paraitre comme un thème répétitif, une inlassable reprise diversement présentée. C’est dire alors que le boléro de Ravel est ennuyeux. Or on sait combien ce boléro est riche en nuances, en tonalités, en harmonies, en contrepointes… De même pour ces aquarelles de Guiragossian, il faudrait un brin de perspicacité et de disponibilité pour fouiller entre ces nervures, ces embranchements, ces juxtapositions de couleurs généreusement et ingénieusement agencés. Un fouillis, un lacis d’une extrême sophistication qui crée une atmosphère, qui suscite des sentiments, qui impose un motif. Des simples amants tendrement enlacés jusqu’aux paysages houleux de foule en passant par les saynètes folkloriques chères à Guiragossian. Tout flamboie dans ses eaux fortes, et l’œil se perd entre mille fêtes astucieusement révélées comme de merveilleuses lucioles au fond d’une immense tache d’ombre et de nuit……

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