Paul Guiragossian : Mystiques bacchanales

C’est avec faste et éclat, mais non sans une certaine allure printanière que Guiragossian nous revient en cette saison à la Galerie Tabbal où il offre au public un florilège d’une cinquantaine d’aquarelles. On connait d’emblée toute la maestria et le talent de ce peintre déjà familier aux grandes toiles aux accents mélanges, denses, toujours d’une surprenante nouveauté. Aujourd’hui, celui qui s’était illustré depuis des années cinquante dans cette écriture picturale aux confins leneiformes, nous présente une succession de scènes loin des huiles et leurs ombres lourdes ou surchargées. Il a donné sa préférence à l’aquarelle, ce qui est déjà un petit événement par rapport à cette production presque entièrement axée sur une palette plus à l’aise dans un matériau fort que dans un alliage liquescent. Bien entendu on pourra gloser longuement sur le style Guiragossian, et les exégètes se perdent en mille supputations devant cet interminable défilé de silhouettes si savamment expressives, si différemment suggestives, si chaleureusement éloquentes. L’aquarelle semble avoir « dédramatisé » en quelque sorte la narration chez Guiragossian plus porté au tragique qu’à la cascade du rire…dans ce cru de meilleur aloi, tout resplendit de lumière et de vivacité. Aérées colorées, d’une remarquable force dans un sens nuancé et subtil du mouvement, ces aquarelles font éclater au grand jour la grande et inépuisable vigueur de renouvellement chez Guiragossian.

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