Norikian Krikor à la « Galerie Tabbal »

C’EST AU-DELA QU’ELLES REGARDENT, LES FEMMES DE NORIKIAN « Sans patience, sans impatience, ne consentant ni ne refusant, abandonne sans abandon se mouvant dans l’immobilité… » Maurice Blanchot (L’attente L’oubli) Ses femmes…Deux à deux. En groupe. Les femmes de Norikian, sans âge. Mais dans le passé proche au lointain de chacune d’elles surement une malédiction. Celle qui scie de douleur morale et affaisse les épaules. Celle qui accable. Etranges créatures : tout est déjà là hier, aujourd’hui, demain ; tout est déjà fait et à ce jeu, les dés n’ont pas été pipés ; tout est dit et pourtant, en ocre et terre de Sienne, sur aquarelles huiles, comme l’attente. Muette et sans espoir qu’elles sont attachantes avec le désarroi figé. Chaque visage est ombre et lumière. La bouche, enfantine. Et cet arrondi des lèvres, comme pour se faire aimer. Les narines palpitent, il y a donc de la vie dans cette apathie apparente ? L’insoutenable du vécu est dans les yeux. Les yeux des femmes de Norikian. « Ce sont elles qui expriment mes sentiments personnels. Je suis en révolte perpétuelle. En révolte contre l’injustice qui règne. En révolte contre tout. La vie… elle va, elle vient mais je n’attends plus rien d’elle. J’ai fermé le chapitre ». Il y a pourtant des aubes qui font pardonner les autres, les aubes, les longues, les grises, sans aucun jour à suivre, sans aucune nuit à vivre ? »Je ne répondrai pas. J’ai fermé tous les chapitres. Le pourquoi demeure mon grand secret… » …mais les femmes de Norikian, même écrasées de douleur se meuvent dans leur espace. Avec elles, ce n’est pas la vie devant soi. Elles attendent, bien sûr… Elles prennent tout leur temps. Leur regard va au-delà. Au-delà de tout. Là, où même l’horizon est une frontière. Elles sont en quête d’éternité. Et comme c’est Norikian qui affirme…ils s’entrouvrent quelque peu les jardins de ses secrets. La (fausse) froideur du calme n’est pas donnée à tout le monde.

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